Je sais ce qui a déclenché cette créativité intense, cette nuit. C’est une toute petite remarque que j’ai faite à André, GrandCopain, dimanche soir, au resto. Je lui disais que je prenais beaucoup de plaisir à lire Péraldi, ces jours-ci, et que ça me rappelait un rêve récurrent, que j’avais fait pendant les deux années qui avaient suivi sa mort. J’avais rêvé, plusieurs fois, que je retournais chez lui, fouiller patiemment, méticuleusement, dans sa bibliothèque, sûr qu’il m’avait laissé une note, dissimulée dans un de ses livres, qui m’expliquerait tout de mon histoire, et le secret qui s’obstinait à rester insaisissable, profondément inconscient. Je trouvais le papier, de sa main. Je lisais. Je comprenais. C’était la guérison promise, tellement espérée, depuis si longtemps, et après tant d’effort, quatre séances par semaine pendant quatre ans, une fortune, une bonne fortune, parce que Péraldi fut à l’époque, la seule sortie possible de ma solitude par ailleurs presque totale. Il y avait de quoi devenir fou.
Voilà ce qui a déclenché cette nuit l’intense activité cérébrale. Et à relire mes lignes, à sentir la petite paix intérieure qui m’habite maintenant, cette nuit blanche ne fut pas inutile; au contraire, ce fut, dans la quiétude de la nuit noire, l’émergence d’une lumière particulièrement prononcée.
Une psychanalyse ne s’achève jamais. Monsieur Péraldi vit toujours, en moi, par delà la mort, qu’il a tant voulu libérer de toute forme de déni — renfermement des mourants, espoir de vie éternelle. Une psychanalyse, j’imagine, ne s’achève jamais qu’avec la mort. En attendant l’issue fatale, qu’on sent venir, j’imagine, la psychanalyse assure la vie, une vie meilleure, plus libre, plus saine, plus révolutionnaire, et plus terre-à-terre.
4 critiques constructives:
Jamais je n'ai eu la chance de rencontrer "le psychanalyste qui vit toujours", la mienne, malgré nos six ans hebdomadaires, ne me manque pas du tout et ne me fait plus du tout avancer, alors j'écris. C'est vrai que ça manque d'interactivité, mais l'activité cérébrale est tout aussi intense.
Bon rétablissement.
Je me souviens d'avoir lu dans un de mes livres de psycho une citation qui disait quelque chose comme:
''En psychologie, un patient est considéré guéri lorsqu'il a les moyens et les connaissances pour faire sa propre psychanalyse.''
Si tel est le cas, selon ce que j'ai pu lire depuis l'ouverture de ce blogue, le Dr Péraldi t'a bel et bien guéri avant son départ!
À Auteure anonyme: Je n'avais pas conscience d'avancer, durant la psychanalyse comme telle. J'ai eu bien davantage le sentiment de « guérir » pendant le (long ! ) travail psycho-thérapeutique qui a suivi la mort de Péraldi, travail fait avec un éminent spécialiste des séquelles d'abus sexuels, M.T. Lebeau. C'est maintenant, depuis que j'écris, que la psychanalyse « revient ». C'est maintenant que je prends conscience que le « travail » ne s'est jamais arrêté.
À Annie: Lire d'abord le commentaire précédent... et tu vas comprendre que... oui, tu as raison! Ce qui me renverse, c'est à quel point j'ai opposé une résistance considérable. Mais évidemment, je n'ai pas de barème pour comparer ! Le déni, le refoulement, l'oubli, sont des activités mentales incroyablement puissantes.
p.s.: J'ai dormi ! ;-)))
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